Conclusion

C’est universel : les chansons possédant des références classiques ne touchent pas un public très large. Cependant, les supports modernes, qu’ils soient genre musical, dessin animé, machine ou jeu vidéo, permettent la diffusion d’une culture que l’on considère en perdition. Onmyo-za, par exemple, contribue à actualiser des thèmes peu affectionnés et à leur donner un regain de vie. C’est involontairement, par un intérêt personnel, que la majorité des groupes que j’ai cités génèrent cet engouement.

La traduction de chanson se fait en général dans un cadre amateur. Pourtant, considérant la difficulté de certains morceaux, il s’agit peut-être d’un secteur à développer dans la mesure où la musique, actuellement, dépasse largement les frontières de son pays d’origine. Donner accès, à l’étranger, à des traductions ou explications de paroles pourrait devenir un enjeu pour certains groupes, particulièrement non-anglophones. C’est ce manque qui m’a menée à vouloir traduire Onmyo-za.

En plus de cet intérêt matériel, il faut bien reconnaître que les paroles de ce groupe constituent un excellent exercice de compréhension, traduction et adaptation. Si je n’avais pas songé à un public potentiel, je n’aurais sans doute pas traduit les paroles étudiées de la même façon. Inversement, considérer le milieu correspondant en Europe m’a permis de limiter l’adaptation au strict nécessaire et de respecter l’œuvre originale dans la mesure du possible.

J’ai découvert des interviews du groupe très tardivement. J’ai été rassurée, toutefois, de constater que les explications du groupe correspondaient à la plupart de mes conjectures sur son univers musical. Dans l’une d’elle, le journaliste conclut par un commentaire personnel : le parolier, Matatabi, lui donne une impression de déjà-vu. En réalité, décide-t-il, Matatabi lui fait penser à un samouraï ; un samouraï des temps modernes qui a troqué son sabre contre une guitare électrique. La façon dont on interprète les éléments passés n’est donc pas si loin de la réalité. Les figures marquantes de ces époques anciennes subsistent dans l’imaginaire moderne, malgré les réinterprétations et les lacunes culturelles.

A travers des supports actuels ou même novateurs, le public moderne a accès à une forme de culture. Ainsi manga, films, chansons, dépeignent-ils plus ou moins fidèlement une culture qui se fait internationale, en un étonnant mélange d’éléments classiques et modernes. Le traducteur doit s’adapter à ces nouveautés pour produire un travail optimal, sans dénaturer ni la réalité historique présentée, ni l’interprétation neuve qui en est faite. Une prochaine étape serait peut-être de traduire un support plus volumineux que les seules chansons d’Onmyo-za, comportant des références spécifiques utilisées dans un cadre contemporain, ou de comparer ce support avec une œuvre occidentale aux usages analogues.

Quoi qu’il en soit, traduire de telles œuvres ne peut qu’améliorer leur notoriété et celle de leur contenu face à la modernité. Cette activité fait partie d’un tout plutôt positif dans la mesure où les mentalités évoluent progressivement. Ainsi, je laisse le mot de la fin à une internaute du site Youtube, en réaction à une composition du groupe Rin’ :

love it when people make music using traditional instruments yet it still sounds modern, [...] great way to keep old traditions.”

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