1. Présentation

Onmyo-za a composé deux chansons pour l’adaptation en jeu vidéo, sur Nintendo DS, du roman de Yokomizo Seishi*, Inugamike no ichizoku1. Ces chansons bénéficient d’une version instrumentale, dont les extraits ont servi de musique de fond au jeu.

Yokomizo Seishi est, encore aujourd’hui, considéré comme un maître du roman policier japonais. Sa notoriété, comparable à celle d’Agatha Christie ou de Georges Simenon, tient comme pour ceux-ci dans l’un de ses héros : le célèbre Kindaichi Kôsuke. Ses aventures sont devenues incontournables chez les amateurs du genre et les mystères qu’il résout, tel celui du clan Inugami, trouvent encore largement public. En plus de l’adaptation sur Nintendo DS, les années 90 ont vu le petit-fils de l’enquêteur apparaître dans le manga Les enquêtes de Kindaichi*, précurseur d’une mode pérenne de manga de mystère.

Ainsi, l’on se trouve devant un cas fort différent de celui de Yoshitsune. Bien que connus, les exploits de celui-ci ne sont pas massivement étudiés en dehors des établissements scolaires. En revanche, les œuvres de Yokomizo Seishi s’étant bien intégrées dans la modernité à travers différents supports (mode des polars, cinéma, manga…), l’on peut avancer que le public connaît présentement plutôt bien le thème.

Inugamike no ichizoku2 relate les assassinats successifs de trois frères, héritiers de la fortune familiale, mis en scène de façon à rappeler les symboles du clan : hache, koto et chrysanthème.

En mourant, le vieil Inugami Sahee a laissé un testament empoisonné à ses trois filles, qui ont donné naissance chacune à un héritier mâle, et s’attendent à recevoir leur part d’héritage. C’est à la belle Tamayo, petite-fille de l’homme qui recueillit, aida et instruisit le jeune Sahee, qu’il appartient d’épouser l’un d’eux. C’est celui-ci qui héritera. S’il en reste un en vie ou si elle-même ne décède pas. Le cas échéant, l’héritage ira au fils bâtard d’Inugami Sahee, Shizuma.

Par un curieux hasard, Shizuma et Sukekiyo, aîné des trois cousins, se sont connus à la guerre. Ils se ressemblent étrangement et sont devenus amis. Lorsque Shizuma rentre au Japon, défiguré, il croit Sukekiyo mort et décide de se faire passer pour lui. Prête à tout pour assurer le bonheur de son fils, sa mère, Matsuko, qui n’a pas remarqué le subterfuge, assassine ses deux neveux pour lui laisser le champ libre. Sukekiyo et Shizuma, s’étant entre temps retrouvés, sont témoins de ses crimes. Shizuma, qui rêve de se venger des horreurs que les trois filles de Sahee ont fait subir à sa propre mère, met en scène les meurtres, symbolisant les emblèmes de la famille : hache, koto et chrysanthème. Sukekiyo, désireux de protéger sa mère et psychologiquement déstabilisé par les épreuves subies durant la guerre, choisit d’être son complice. Lorsque Matsuko découvre l’échange, elle assassine également Shizuma. Le détective Kindaichi Kôsuke, témoin des événements, résout l’affaire.

Deux chansons ont été composées pour l’adaptation du roman en jeu vidéo. Je travaille sur la deuxième : Dôkoku3. La source, unique, étant évidente, il n’y aura pas de recherche concernant les inspirations du groupe. Il s’agit plutôt de considérer l’utilisation que fait le groupe de sa source unique. Par exemple, certaines répliques du roman sont directement citées dans la chanson.

1YOKOMIZO Seishi 横溝正史, Inugamike no ichizoku 『犬神家の一族』(Le clan Inugami), Tôkyô, Kadokawa Shoten, 1950.
2Ibidem.
3Onmyo-za 陰陽座, op. cit.

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