B. Adaptation à l’image

1.Adaptation des paroles

a)Repérage

Cette étape d’ordinaire absolument incontournable se réduit à une étude de la vidéo si le traducteur effectue lui-même la programmation du sous-titre. Il s’agit donc de la précédente analyse du clip, qui donne les grandes lignes de la méthode de traduction et de programmation. En tant que traducteur, je peux adapter directement le sous-titre à l’image selon les aperçus que j’obtiendrai grâce à mon logiciel, tout en étant consciente des significations précises de la version originale.

b)Supports

J’ai choisi le logiciel gratuit Aegisub pour effectuer mon sous-titrage. Il est conseillé par un certain nombres d’amateurs et, surtout, l’on trouve de nombreux tutoriels expliquant son fonctionnement. Il en va de même pour les logiciels permettant d’incruster les sous-titres sur la vidéo (Format Factory, AVI ReComp).

c)Méthode

Dans un premier temps, il faut vérifier que toutes les paroles sont compréhensibles sans notes de bas de page, impossibles à insérer à l’écran. Le cas échéant, il faut expliciter ou remplacer certains termes, souvent en sur-traduisant.

Après avoir corrigé de la sorte la traduction à disposition, la seconde étape du travail consiste à compter combien de caractères composent chaque strophe traduite. Comme elles sont assez courtes, le découpage est simple mais certaines devront être placées sur deux lignes. L’on pourrait également les présenter séparément mais la fluidité du texte, présentement, s’en ressentirait.

De nombreuses strophes sont trop longues pour tenir sur une seule ligne mais se répartissent parfaitement sur deux lignes. J’ai effectué le découpage selon les règles établies. Le pont, seul, n’a eu à subir aucune modification et cela peut donner un meilleur effet visuel, montrant bien son isolation par rapport au reste de la chanson.1

J’ai fixé mon maximum de caractères, espaces inclus, à 40 car je considère que ces paroles comprennent un vocabulaire assez complexe. Heureusement, le rythme de la chanson, respecté par les paroles en sous-titre, devrait permettre une lecture plus facile.

En général, le titre d’un film est stylisé dans la langue-cible à même l’écran. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il est simplement précisé avec le label lors de la diffusion télévisuelle. Je choisis donc d’ajouter à la vidéo le titre en question, dans la mesure où l’introduction musicale m’en laisse largement le temps.

Voici comment se présentent les paroles une fois modifiées et agencées pour le sous-titrage. Les encadrés du tableau ci-dessous représentent chaque lot de strophes apparaissant ensemble à l’écran.

Clip paroles

Après cette étape, la partie programmation commence. Je peux copier le texte précédent dans mon logiciel et définir à quel moment chaque sous-titre devra apparaître et disparaître. L’objectif étant de présenter la traduction, je ne donnerai pas de précisions particulières sur l’utilisation du logiciel, somme toute assez simple.

2.Commentaire

Il n’y a eu que quelques modifications à apporter à la traduction. Sans doute est-ce parce que, dans un premier temps, il s’agit de paroles de chanson. Malgré la traduction, l’on reste dans un rythme particulier qui donne assez de temps pour lire et comprendre chaque sous-titre. Les significations traduites sont ainsi plutôt concises et ne nécessitent pas d’être simplifiées en général.

C’est le titre qui pose le plus gros problème : traduire littéralement par « Fonctionnaire de troisième classe malfaisant » donne un effet qui frise le comique pour un lecteur francophone. On est loin du côté noble que peux conférer le terme « Hôgan ». C’est la raison pour laquelle j’avais laissé le terme tel quel accompagné d’une note de bas de page dans la traduction initiale. Dans le cas de Yoshitsune, le terme implique également une expression : 判官贔屓 (ほうがんびいき), « sympathy for a tragic hero »2. De plus, c’est devenu un titre propre au personnage, qui mérite qu’on le laisse tel quel, malgré le manque d’explication.

La note de bas de page concernant la rivière Sai est venue remplacer le nom propre pour plus de clarté. J’ai supprimé la note concernant les oriflammes blancs et rouges. Une personne souhaitant davantage d’informations pourra chercher par elle-même qui est le personnage du titre.

Ici, le cri étouffé lancé par le chanteur, accompagné d’une réponse abstraite, est difficile à rendre et isoler du reste des paroles car celles-ci s’enchaînent très vite. Etant donné que les parenthèses peuvent gêner la lecture et ne suffisent pas à différencier, présentement, cette phrase, je l’ai mise en italique. Cela permet de mettre en valeur son côté lointain, de l’opposer au reste de la chanson et de faire comprendre au lecteur que c’est précisément cette phrase qui est prononcée de façon distante, sans confusion possible.

J’ai pu jouer un peu avec les changements de plans, mais j’ai remarqué que leur nombre perturbait la lecture, même lorsqu’ils intervenaient en même temps qu’un changement de sous-titre. J’ai donc pris le parti d’avancer très légèrement l’apparition des sous-titres par rapport aux plans, afin que l’œil ne soit pas agressé par le sous-titre. Il l’est suffisamment avec les images du clip en lui-même.

De même, pour une meilleure fluidité, j’ai fait en sorte d’enchaîner les sous-titres peu espacés par le temps, pour éviter une lecture saccadée.

Visionner le clip « Suite Yoshitsune : Hôgan malfaisant » sous-titré en français :

1Annexe p.17-18-19
2J'ai conservé le terme en anglais dans la mesure où il possède une meilleure connotation que celle de « compassion » en français.

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